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PPC moi, apnées du sommeil



L’été 2003, tout le monde s’en souvient à cause de la canicule intense qui a duré plusieurs semaines, et c’est à cette époque que tout a commencé ou pris fin pour moi, c’est selon.

Je me prénomme Joël et depuis mon enfance j’avais été traité pour allergies à pas mal de choses (poussières, essence d’arbres, pollens etc ), après une désensibilisation enfin positive, je continuais à souffrir de maux de tête très importants et très souvent. Malgré tous les examens, les diagnostics successifs et les traitements proposés, rien n’y faisait. Pour me calmer, je dormais la nuque sur de la glace ou bien à même sur le carrelage frais.

Ma femme se plaignait de mes ronflements et surtout s’inquiétait de ne plus m’entendre respirer la nuit à maintes reprises. A cette époque là, je passais de nombreuses heures au volant de ma voiture pour mon travail et j’avais de plus en plus de moments de fatigue et du mal à garder les yeux ouverts. Pour lutter contre l’endormissement, hiver comme été, qu’il fasse beau ou qu’il vente et pleuve, je roulais la vitre grande ouverte et l’’autoradio à fond. Le soir, on m’entendait arriver du bout du village et tout le monde était au courant de mon retour au foyer. A ce petit jeu, j’ai perdu l’audition de mon oreille gauche à cause des otites à répétition.

Et puis un jour de juin 2003, je me suis fait très peur. Mon instinct de conservation sans doute m’a fait rouvrir les yeux à temps heureusement, mais ma voiture roulait sur le bas-côté de la route, tout près du fossé. Alors là, je me suis dit qu’il fallait réagir et vite. Dès le lendemain matin, j’attendais mon médecin sur le palier, à l’ouverture de son cabinet médical, bien décidé à ce qu’il me trouve une, la solution énergique. Le lundi soir de Pentecôte, je me suis retrouvé tout branché sur un lit du CHU de Nantes dans le service du sommeil.

Le lendemain matin, le diagnostic d’Apnée très sévère du sommeil est tombé. Je n’avais jamais entendu, à cette époque là, parler de cette maladie et encore moins du traitement que j’aurai à suivre pour le restant de ma vie : « dormir avec une machine et sa tuyauterie ». Elle n’a d’ailleurs pas traîné à arriver, car dès le mercredi, elle trônait sur ma table de nuit.

Je dois dire que les premières nuits ont été un enfer, il faisait une chaleur torride, je transpirais sous le harnais et le masque, j’avais du mal à respirer et à parler avec, enfin bref, je maudissais cette machine et ses acolytes. A maintes reprises, j’ai eu envie de tout envoyer valser, je n’ai même pas honte à avouer que j’en ai même pleuré parfois, mais comme je suis un gars têtu, je n’aime pas m’avouer vaincu. Je partais travailler le matin encore fatigué, sans doute plus à cause de la canicule que de la PPC, mais je me disais j’y arriverai, j’y arriverai.

Voilà maintenant sept que ma machine et moi partageons le même lit, que nous faisons toutes nos nuits ensembles. Je l’emporte partout, même pour un seul soir, elle m’est devenue indispensable. Bien sûr, il a fallu trouver des petites astuces pour faciliter l’adaptation, installer la climatisation dans la chambre pour les étés trop chauds. Et ma famille m’a beaucoup aidé à ne pas me considérer comme handicapé et à parler de ma maladie naturellement.

Tout le monde y trouve son compte, moi je suis beaucoup plus reposé et je n’ai que rarement des maux de tête et ma femme préfère de loin le doux et léger sifflement de la PPC aux ronflements sonores qui l’empêchaient de dormir. Les enfants et petits enfants sont depuis longtemps habitués et n’y prêtent pas attention lorsqu’ils viennent à la maison. Et le mieux, c’est le chat car « même pas peur ! »

J.O. Janvier 2011

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